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NESSBEAL

Nessbeal est un rappeur motivé et motivant. Depuis qu’on l’a découvert comme backeur jusqu’à aujourd’hui, le parcours du MC est jalonné de combats et de victoires. Il revient aujourd’hui sur le devant de la scène avec « Sélection Naturelle », un 4e album solo introduit par le très bon single « L’histoire D’Un Mec Qui Coule ». Après le beau succès de « NE2S » l’année dernière, nous étions impatients d’en savoir plus sur son nouvel album annoncé pour Novembre.

Après ton 3e solo, comment as-tu retrouvé la plume, l’envie de retourner en cabine ?
NESSBEAL : C’est naturel chez moi, j’aime ça le rap… Ça vient tous les jours, tout le temps… Je ne me pose pas tellement de questions quand l’écriture me vient, c’est vraiment un plaisir sans calculs.

Je me permets de te couper, mais tu viens de dire « J’aime le rap » et pourtant tu lances quelques piques acerbes dans ton premier son : « la différence entre toi et moi, j’prends des risques »,  « Le jour ou j’vais mourir, j’espère plus faire partie de ce mouvement »…
N : Non, c’est vis-à-vis de tout le monde mais de moi aussi. Il faut compter avec Ne2s. Ça s’adresse autant aux nouveaux rappeurs qu’aux anciens, Nessbeal est toujours de la partie. Après mon précédent album, ne croyez pas que je me sois ramolli, bien au contraire. Mais aujourd’hui plus qu’hier, il faut prouver davantage qu’avant. Tu ne peux pas te permettre de laisser passer le temps. Avant tout, c’est un défi personnel, parce que je suis toujours un outsider, ce n’est pas la place la plus facile, mais elle est moins compliquée que d’autres. Je préfère être dans cette position que dans celle de celui qui a gagné d’avance. À chaque fois, faut que je me surpasse, je ne veux pas me reposer sur mes acquis, sur la facilité… Ce n’est pas comme ça le rap. Pourtant, je pourrais faire comme ça, j’ai mon petit parcours, un public et je pourrais m’endormir sur mes lauriers, mais pour chaque album, c’est comme si j’étais un débutant. Je recommence les choses à zéro et il faut toujours montrer et prouver que tu es là. Sinon…

Tu as appelé ton nouvel album « Sélection Naturelle », tu peux nous en dire plus (au moment de l’interview, nous sommes à 3 mois de la sortie – NdA) ? Ce titre fait très sombre, comme celui du premier extrait, « L’Histoire D’Un Mec Qui Coule »…
N : Ce que je fais paraît toujours sombre, mais il n’y a pas que ça, j’ai beaucoup de facettes à ma musique, je ne donne pas une vision simple de moi-même. Même dans ce qui te semble sombre dans un premier temps, il y a toujours un autre truc dans le fond. Ce n’est pas pessimiste gratuitement, je garde toujours une part d’espoir dans mes propos. Nessbeal, c’est un mec qui rigole, qui pleure, qui s’énerve, qui sourit, bref, qui vit. C’est comme mon album, il y a tout ça, mais surtout il y aura du vrai rap. C’est le plus important du rap de 2012. Rien de spécialement sombre, juste un bon album de rap. Pour les prods, j’ai fait appel à Track Invaders avec qui j’avais déjà bossé, il y a Belleck que je connais depuis 10 ans et avec qui je n’avais jamais encore travaillé. Chacun suivait le parcours de l’autre sans pour autant chercher à faire un truc ensemble. On a beaucoup de souvenirs en commun. Lui sait ce que je peux faire et vice versa. C’est une combinaison gagnant-gagnant. Il y aura aussi Gee Futuristic (le compositeur de « L’Histoire D’Un Mec Qui Coule » – NdA), Chuco et bien sûr il y a Skread, même si sur cet album il est davantage à la réal° que derrière la prod. C’est une évolution normale. Sinon, il y aura également Isleym, c’était une évidence pour moi. Sur mon précédent album, elle ne faisait qu’un refrain, c’est bien, mais là je la voulais plus présente, parce que ce n’était pas assez la dernière fois. On retrouvera également Débrouillard qui est de Guadeloupe. J’ai déjà 15 titres solo, quelques détails à fignoler. Pour le reste des feats, on va voir vu qu’il me reste 2 morceaux à poser, on en reparlera. J’y réfléchis encore. L’album collera bien avec la saison, mais, je le répète, je ne suis pas simplement un rappeur sombre.

Le titre de ton nouvel album est donc « Sélection Naturelle ». Pourquoi ce choix ?
N : J’avais 2 titres en tête avant de choisir celui-ci. J’en suis à un stade de ma carrière où je vois bien l’évolution du milieu, du rap, de ses intervenants. Si tu y prêtes attention, la vie, comme la musique, c’est une jungle, pour ne pas dire LA jungle. Ça s’applique partout et à tout. Pour la musique, tu le vois chaque jour, il y a des jeunes groupes qui arrivent, quand d’autres, moins jeunes ou anciens, disparaissent. Ça fonctionne comme ça. Je viens pour défendre ma place en faisant de la bonne musique. C’est la loi du plus fort, La lionne elle défend ses petits, d’autres essaient juste de survire… Le titre de l’album, c’est aussi un des morceaux de l’album, ce n’est pas juste un titre comme ça. Après, je fais de la musique, je suis aussi là pour faire plaisir au public, mais sans faire n’importe quoi. Quand j’ai décidé de lancer le 16 Août un premier truc de ce nouvel album, tout le monde te dit qu’il ne se passe rien, mais c’était mon anniversaire et j’ai voulu faire plaisir aux gens avec le son accompagné du clip (sur notre DVD – NdlR). Pour mon anniversaire, c’est moi qui offre le cadeau (rires) ! Les retours sont là, ça parle aux gens. J’ai voulu faire plaisir à ceux qui me suivent depuis longtemps, au public en général et j’ai obtenu un vrai retour. J’ai déjà une idée du 2nd single que je veux défendre, mais ce n’est pas encore sûr, faut voir, mais ça arrive très vite.

« Sélection Naturelle » est ton 2e album avec Sony. Qu’est-ce qui change entre le label indé Nouvelle Donne et la multinationale japonaise, que ce soit vis-à-vis des médias, du public, des conditions de travail ?
N : Sony, ça m’a permis de franchir un nouveau petit truc, un palier de plus. On est dans des conditions professionnelles pour faire de la musique. J’ai une bonne équipe avec et derrière moi, je fais mon son comme d’habitude, je ne change rien, sans me poser de question. Maintenant, j’ai une équipe qui me soutient du Président du club (Sony – NdA) au Directeur Artistique qui s’occupe de mon disque. Dans la façon de travailler, d’une manière générale, c’est un autre niveau, ça n’a plus rien à voir. J’ai parfois l’impression d’être chez Death Row. Je suis sûr des gens avec qui j’avance, comme eux sont sûrs de ce que je vais ramener. Avec le précédent album, j’ai pu faire plus de dates de concerts, en France, à l’étranger, j’ai eu une beaucoup d’articles dans la presse, j’ai eu du son qui a tourné en radio, je ne vais pas ma plaindre des conditions qu’on me donne. Mes clips ont également pas mal tourné sur le net, en télé. Il y a eu « Ma Grosse » avec Orelsan, « À Chaque Jour… », « Ça Bouge Pas », etc. J’ai pu enfin avancer avec une vraie équipe. Mon 3e album était une étape obligatoire, la suite ne pouvait pas se faire sans celui-ci. Avec « Sélection Naturelle », je profite du nouveau départ généré par mon précédent disque. Ça m’a permit de poser les bases d’un nouveau chapitre.

Tu fais parti de la génération qui se marque le corps, tu as d’ailleurs, nous l’avons vu dans ton dernier clip, un nouveau tatouage, des larmes sur le visage. Un effet spécial ou un nouveau tatoo ?
N : Si tu ne le sais pas encore, je ne fait jamais les choses à moitié ou pour de faux. Ça n’a rien à voir avec une quelconque mode à la Lil Wayne, ça a un sens. C’est important pour moi, c’est en rapport avec la perte de proches. J’y ai longuement réfléchi. Et puis tu sais, depuis longtemps aussi, « De larmes et de Sang » est un peu un slogan pour moi. Je voulais le faire, c’est fait !

Interview : François Goemaere

Discographie solo
2011 : « Sélection Naturelle » (7th Magnitude/Sony Music)
2010 : « Ne2s » (7th Magnitude/Sony Music)
2009 : « Sessions Perdues » (Nouvelle Donne/Universal)
2008 : « Roi Sans Couronne » (Nouvelle Donne/Universal)
2006 : « La Mélodie Des Briques » (Nouvelle Donne/Universal)

Discographie avec DICIDENS
2004 : « HLM Rezidants » (Paire D’As)

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